Les relations virtuelles : bonne idée ?

Paradoxalement, la possibilité d'être en contact permanent n'a jamais été aussi grande. La multitude de nos relations virtuelles en témoignent. Si ces dernières restent un « plus » qui accompagnent et accroissent nos relations « en chair et en os », elles ne peuvent totalement s'y substituer. 

Les problèmes surviennent lorsque ces rapports sociaux virtuels prennent le pas sur les autres… D’abord, comme les messages qui circulent sur ces réseaux sont révélés à tout le monde, ils sont, pour la plupart, peu profonds et peu authentiques ; bon nombre sont là uniquement pour épater la galerie. Ils forment donc une nourriture affective très pauvre et qui suscite toujours la comparaison (« Ils ont eu de plus belles vacances que moi… »). Des études récentes tendent même à montrer que l’utilisation abondante de Facebook favorise la déprime. Se comparer tout le temps n’est effectivement pas bon pour le moral ! Plus fondamentalement encore, il faut se rappeler qu’il manque quelque chose à ces contacts virtuels : bien sûr, on peut se voir et peut-être s’entendre, mais on ne peut pas « sentir » la vraie présence de la personne, échanger des regards complices, respirer le même air et encore moins toucher l’autre. Pas de vraie poignée de main, pas d’accolade, pas de bise… C’est un besoin fondamental parfois insoupçonné qui va se trouver en déficit : celui de toucher et d’être touché.

Nous l’avons déjà évoqué, un bébé doit être suffisamment touché pour bien se développer. Cette nécessité très ancienne reste inscrite au fond de nous à l’âge adulte. Quand nous nous retrouvons en manque de ces contacts, nous cherchons d’ailleurs à compenser. Que ce soit par du grignotage, par un verre en plus… mais le plus souvent, ce sera par une recherche (avide) de signes de reconnaissance. La conséquence ? Sans doute davantage de messages postés sur le net, avec plus de « Regardez-moi ! », qui malheureusement recevront, en réponse, d’autres « Regardez-moi ! »… C’est un cercle vicieux. Pour s’en sortir, renouer des relations avec des personnes en chair et en os sera essentiel.

Re-créer un réseau vivant

Notre chemin vers la santé passe par la réhabilitation d’un contact  de qualité, et d’un touché sain : se rencontrer en vrai, construire des liens solides et oser se serrer la main ou se faire une accolade constituent de réelles sources de bien-être finalement essentielles à notre santé. Si construire des relations n’est pas forcément simple, s’en passer peut occasionner un profond mal-être. Fort heureusement, l’être humain étant un « être de relations », nous sommes tous au fond de nous tournés vers autrui. Oser le 1er pas tout comme rester ouvert aux autres suffisent souvent amplement à démarrer de nouvelles relations.